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Témoignages d’anciens stagiaires

Retrouvez des témoignages d’anciens stagiaires qui ont été en formation intensive de six ou neuf mois au sein de nos centres de formation.

Caroline Lardeau : « J’ai beaucoup apprécié l’apprentissage immersif et vivant dispensé par Roudour : la variété des supports et des activités proposées m’a stupéfiée, on ne s’ennuie pas ! »

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Caroline, j’ai 46 ans. J’ai été enseignante dans le primaire public pendant 15 ans, en Loire Atlantique. Je suis mariée et j’ai deux enfants de 12 et 15 ans.

D’où êtes-vous originaire ?

Je suis née à Nantes, d’un père berrichon et d’une mère breto-vendéenne. En 2020, mon mari et moi avons décidé de quitter la région nantaise pour nous installer dans le Kreiz Breizh.

Pourquoi avez-vous choisi d’apprendre le breton ?

Ma grand-mère maternelle était originaire de Glomel (22). Ses parents parlaient uniquement le breton. Elle ne parlait pas un mot de français lorsqu’elle est arrivée à l’école, vers l’âge de 6 ans. Je ne l’ai pas connue puisqu’elle est malheureusement décédée avant ma naissance. Tout ce que je sais, c’est qu’elle a effectivement eu affaire au « symbole », à la honte et au mépris à l’école, qu’elle a donc été poussée à changer de langue par la contrainte, et qu’elle n’a ensuite pas transmis la langue bretonne à ses enfants.

Son mari, mon grand-père, était vendéen, et a pourtant appris le breton pour pouvoir converser avec sa belle-mère. Il a même écrit une méthode d’apprentissage du breton à destination des Français, qui a été rééditée à plusieurs reprises. Mon grand-père est resté très concerné par la langue bretonne durant toute sa vie : enfant, je n’ai pas entendu parler breton mais j’ai beaucoup entendu parler du breton.

Lorsque je suis entrée à la fac d’anglais, après mon baccalauréat, j’ai découvert qu’on y proposait des cours de breton. Je m’y suis inscrite. Malheureusement, à raison de 2h de cours par semaine, et sans locuteur·rice en dehors des cours, je n’ai pas réussi à apprendre la langue. Lorsque nous avons déménagé dans le Kreiz Breizh en 2020, j’ai entendu les gens converser en breton. L’envie d’apprendre la langue a refait surface, et lorsque j’ai entendu parler des formations longues et que j’ai réussi à avoir confirmation des aides de la région, je me suis inscrite !

Quelle formation Roudour avez-vous suivie et quels en sont les avantages?

Je voulais vraiment devenir locutrice et je savais, pour l’avoir déjà vécu, que des cours hebdomadaires ne seraient pas suffisants. J’ai donc suivi la formation intensive 9 mois, avec Roudour.

J’ai beaucoup apprécié l’apprentissage immersif et vivant dispensé par Roudour :

  • la variété des supports et des activités proposées m’a stupéfiée : on ne s’ennuie pas !
  • les méthodes employées (TPR, mime, théâtre, story-telling…) sont terriblement efficaces pour la mémorisation.

  • la densité des cours a permis une évolution rapide de mon niveau de langue.

Est-ce que l’apprentissage du breton vous a changé la vie ?

Oh que oui !

L’apprentissage du breton m’a permis :

  • de renouer avec mes racines, de retisser le lien perdu avec mon pays et avec mon peuple, de contribuer à réparer le trauma, de reconstruire mon identité, de retrouver la langue qui aurait dû être ma langue maternelle.
  • de m’ouvrir l’accès à tout un monde insoupçonné à travers les médias en breton (radio, journaux, magazines, audiovisuel…) et les relations sociales avec les bretonnant.e.s.

  • d’accéder à la culture bretonne : la littérature, la poésie, la musique, l’Histoire, les études (philosophie, linguistique, sociologie, etc.)…

  • de modifier ma façon de penser et mon regard sur le monde et sur moi-même.

  • de trouver du travail en tant qu’enseignante dans le primaire dans une école Diwan.

Et cela a aussi changé la vie de ma famille ! J’ai en effet commencé à parler breton à la maison et en 6 mois, mon fils de 11 ans est devenu bretonnant. Il est maintenant inscrit au collège Diwan. Mon mari, qui a vécu la même rupture de transmission de la langue dans la famille de son père, a commencé à suivre les cours de breton avec Desketa et a décidé de suivre la formation 6 mois l’an prochain ! Ma fille de 15 ans n’a pas suivi le mouvement, mais qui sait si une graine n’a pas été semée ?

jean philippe davodeau : « C’est un bouleversement intime qui mêle des considérations politiques, familiales et amicales »

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Jean Philippe Davodeau. Je suis papa de deux enfants, je suis un passionné de théâtre (écriture, jeu, mise en scène, pédagogie) j’essaye d’en faire mon métier au quotidien.

D’où êtes-vous originaire ?

Je suis originaire de Morlaix. Je viens de m’y réinstaller après 20 ans passés à Nantes.

Pourquoi avez-vous choisi d’apprendre le breton ?

Parce que j’avais envie de parler cette langue qui rodait autour de moi: la langue non transmise de mes grands parents. Parce qu’une langue c’est un horizon sur d’autres personnes et d’autres histoires. L’histoire sociologique du breton m’est apparue en l’apprenant. C’est un lever de rideau troublant.

Quelle formation Roudour avez-vous suivie et quels en sont les avantages ?

J’ai suivi une formation approfondissement après une formation longue il y a 5 ans. L’avantage c’est de rencontrer d’autres personnes, d’autres sensibilités. J’ai la sensation que ce qu’il nous faut en tant que néo apprenant c’est la possibilité de nous faire de nouveaux ami.e.s. Une fois la formation finie soit on travaille tout de suite en breton soit c’est à nous seuls de nous dépatouiller avec « ça ». Sans ami.e.s ça marche difficilement.

Est-ce que l’apprentissage du breton vous a changé la vie ?

Oui. C’est un bouleversement intime qui mêle des considérations politiques, familiales et amicales. C’est un peu les montagnes russes au quotidien mais je trouve que ça vient remplir une partie de nos identités oubliées. C’est une langue qui contient une lutte.

laurence guennec : « Pas un jour ne passe sans que j’échange en breton. Le breton fait désormais partie intégrante de mon quotidien. »

Pouvez-vous vous présenter?

Je m’appelle Laurence, j’ai 41 ans et suis graphiste indépendante. Parallèlement aux projets personnels que je développe sous forme d’expositions, je travaille en collaboration avec diverses structures à la réalisation d’identités visuelles. J’interviens également auprès des scolaires et du tout public dans le cadre de projets artistiques et d’ateliers créatifs. Je suis également maman d’une petite fille de 5 ans scolarisée en école en bilingue.

D’où êtes vous originaire?

Je suis née à Lorient, où j’ai également grandi. Dans mon entourage, la langue n’était même pas un sujet. Je n’avais jamais entendu parler breton, ni du breton. C’est en arrivant dans le Trégor il y a une quinzaine d’années que j’ai entendu sa musique pour la première fois et que j’ai réellement pris conscience de son existence. Un choc !

Pourquoi avez-vous choisi d’apprendre le breton?

J’ai été amenée via mon travail de graphiste à travailler sur différents supports de communication bilingues. Je mettais en page des mots que je ne comprenais pas. Cela a éveillé ma curiosité. J’ai commencé à suivre des cours du soir. Puis il y a eu la naissance de ma fille. À la crèche j’ai rencontré des mamans qui parlaient breton à leur bébé, je me souviens avoir trouvé ça très beau. J’ai repris les cours du soir lorsque ma fille est rentrée à l’école. C’est également à ce moment que j’ai commencé à réfléchir à la possibilité de proposer des ateliers de médiation en breton. Je voyais peu de propositions d’intervenants bretonnants en arts plastiques. À mon envie personnelle d’apprendre cette langue s’ajoutait un projet professionnel porteur de sens. J’avais entendu parler des formations longues, et surtout, de leur efficacité. Je me suis donc jetée à l’eau.

Quelle formation Roudour avez-vous suivie et quels en sont les avantages?

J’ai suivi la formation Roudour de 9 mois à Lannion. Soit 35 heures par semaine dédiées uniquement à l’apprentissage du breton via des méthodes originales et très efficaces telles que la technique du TPR. Les formateurs, d’une patience et d’une bienveillance infinies, m’ont non seulement enseigné la langue, mais aussi transmis leur passion pour le breton, son histoire et toute la richesse culturelle qui l’accompagne. Moi qui jusqu’ici n’avait jamais vraiment eu d’appétence pour les langues, je suis devenue capable, à l’issue de ces quelques mois, de comprendre et d’échanger en breton.

Est-ce que l’apprentissage du breton vous a changé la vie?

L’apprentissage du breton m’a profondément enrichi. Cela a considérablement élargi mon horizon, et transformé le regard que je porte sur le monde qui m’entoure. C’est un peu comme si j’avais enfilé des lunettes magiques, révélant des détails qui m’étaient jusqu’alors invisibles. Comprendre la signification des noms de lieux-dits par exemple, qui en racontent long sur l’histoire locale. Pouvoir lire des textes, des poèmes et percevoir les subtilités liées à la langue. Prendre part aux conversations de mes amis. Et la joie enfin, de pouvoir échanger avec ma fille en breton et de l’accompagner dans son propre apprentissage,…

Grâce à cette formation, j’ai pu commencer à travailler en breton dès la rentrée suivante. Aujourd’hui, je collabore notamment avec Ti ar Vro Treger-Goueloù en animant des ateliers bilingues en milieu scolaire, et j’ai également rejoint l’équipe du magazine Le Peuple Breton en tant que maquettiste. Pas un jour ne passe sans que j’échange en breton. Le breton fait désormais partie intégrante de mon quotidien. Et je continue d’apprendre un peu plus tous les jours, enrichissant au passage mon vocabulaire, ma culture générale.

Anne-Sophie Brats : « Le plus important, à l’issue de ce type de formation, est de pouvoir devenir des locuteur·rices actif·ves et j’espère que c’est mon cas grâce à la place qu’occupe le breton dans ma vie professionnelle et personnelle. »

Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Anne-Sophie, j’aurai bientôt 43 ans et je vis dans le Morbihan. Avant de me lancer dans l’apprentissage du breton, j’ai travaillé dans le secteur médico-social. Aujourd’hui, je suis salariée au sein d’une association qui regroupe des radios de langue bretonne. Parallèlement, je suis investie bénévolement dans le réseau Diwan, réseau dans lequel mon fils est scolarisé depuis la maternelle.

D’où êtes-vous originaire ?
Je suis originaire de Bretagne. J’ai eu la chance de vivre dans presque tous les départements bretons, en particulier dans le Morbihan et le Finistère.

Pourquoi avez-vous choisi d’apprendre le breton ?
Mon désir d’apprendre le breton est ancien. Au lycée, j’avais choisi cette langue comme LV3 mais le rectorat avait refusé d’ouvrir l’option, faute d’un nombre suffisant d’élèves volontaires. J’ai donc mis ce projet de côté pendant plusieurs années. Il est revenu progressivement et est devenu de plus en plus important à mesure que mon engagement bénévole au sein de Diwan grandissait. Pour moi, apprendre le breton est un acte militant, une démarche essentielle pour assurer un avenir durable à cette langue. Alors n’hésitez plus en franchissant le pas vous aussi !

Quelle formation Roudour avez-vous suivie et quels en sont les avantages ?
J’ai suivi une formation intensive de 9 mois à Hennebont, la commune où je résidais à l’époque. Avant cela, j’avais pris des cours du soir mais ma progression n’était pas suffisamment rapide à mon goût. C’est pourquoi j’ai apprécié l’efficacité de la formation intensive. Toutefois, il est crucial de pratiquer, de lire et de se perfectionner en parallèle mais aussi à l’issue de la formation.

Est-ce que l’apprentissage du breton vous a changé la vie ?

Toute formation entraîne un changement car elle doit permettre une évolution personnelle. Dans mon cas, l’apprentissage du breton a impliqué un choix difficile : quitter un travail que j’aimais. Ce ne fut pas facile mais je ne le regrette pas. Le plus important, à l’issue de ce type de formation, est de pouvoir devenir des locuteur·rices actif·ves et j’espère que c’est mon cas grâce à la place qu’occupe le breton dans ma vie professionnelle et personnelle.

 

Gildas Héno : « À la fin de l’année, j’ai demandé un peu à la rigolade s’ils avaient du travail pour moi. Ils recherchaient un technicien son ! »

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Gildas, j’ai 38 ans et j’habite à Kergrist-Moëlou dans les Côtes d’Armor.

D’où êtes-vous originaire ?

Je suis originaire de Saint-Avé à côté de Vannes.

Pourquoi avez-vous choisi d’apprendre le breton ?

Depuis très longtemps je me disais : «Un jour, j’apprendrais le breton. » C’est quand même la langue de mes ancêtres, et la langue du territoire ou je vis. En 2022, je terminais mes 6 ans de surveillance de collège (a l’époque on ne pouvait pas faire plus). J’envisageai une carrière d’enseignant en maths et je me suis dit pourquoi pas en maths ET en breton… C’est avec cet objectif initial que je me suis inscrit à la formation Roudour.

« Depuis très longtemps je me disais : «Un jour, j’apprendrai le breton. » « 

Quelle formation Roudour avez-vous suivie et quels en sont les avantages?

J’ai suivi la formation Roudour 9 Mois à Pleyben. Le gros avantage c’est que ce n’est pas une formation scolaire. On est des adultes apprenants, en face d’adultes enseignants, et on se comporte comme tel. On ne reste pas assis toute la journée (au contraire!!) et on fait des ateliers pédagogiques qui nous permettent d’apprendre en s’amusant. La méthode TPR, notamment, est incroyable ! Et puis les enseignants sont top, il faut le dire. Un grand merci à eux !

Est-ce que l’apprentissage du breton vous a changé la vie ?

Inévitablement ! D’un point de vue professionnel : J’ai un parcours atypique avec un BTS audiovisuel qui devait me permettre de devenir technicien son, mais le système de l’intermittence m’a dégoûté du métier… J’ai travaillé dans tout un tas de domaines, j’ai fais tout un tas de formation : CAP électricien, Licence en science de l’éducation notamment… Pendant la formation Roudour j’ai fait un stage à Radio Kreiz Breizh, avec pour objectif de continuer mon apprentissage de la langue, qui s’est très bien passé. À la fin de l’année, j’ai demandé un peu à la rigolade s’ils avaient du travail pour moi. Ils recherchaient un technicien son ! J’ai sauté sur l’occasion et maintenant je travaille dans cette super radio bilingue et je parle en breton tous les jours !

 

Tiphaine Moreau : « Les conditions étaient optimales pour apprendre, adaptées aux besoins et aux niveaux de chacune et chacun »

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Tiphaine et je suis enseignante d’histoire-géographie dans le secondaire. Je suis maman de deux petits garçons dont le plus âgé est scolarisé à l’école diwan Après avoir beaucoup voyagé pour mes études et achevé un doctorat, je me suis installée à Quimper durablement.

D’où êtes-vous originaire ?

Je suis née au Liban, j’ai vécu toute mon enfance, mon adolescence et une large partie de ma vie étudiante en Bretagne, à commencer par Brest, en passant par Landerneau, Orgères, Bannalec et Quimper. J’y ai grandi sans entendre le breton. C’était une langue inconnue de mes deux parents, bien que ma mère soit originaire de Landévennec.

Pourquoi avez-vous choisi d’apprendre le breton ?

J’ai choisi d’apprendre le breton pour des raisons professionnelles et personnelles. Enseignant depuis plusieurs années en Bretagne, j’avais l’occasion de conduire des projets culturels avec mes classes et je sentais qu’il manquait un véritable approfondissement de la culture locale, qui est très riche. L’approche par la langue m’a paru indispensable afin de contourner l’écueil d’un enseignement superficiel. Avec le temps, ce besoin est devenu plus important et j’ai même envisagé d’enseigner ma matière en classe bilingue. Ce sont toutefois des raisons plus personnelles qui m’ont décidée à apprendre cette langue à l’âge adulte, J’avais le désir de parler le breton pour communiquer avec mon entourage et m’insérer dans un environnement que je voulais être pleinement le mien. Et puis un jour, au détour d’une conversation, mon fils de quatre ans m’a dit  : « une langue qui disparaît, c’est un chant d’oiseau qui s’éteint ». Cela m’a touchée, car le monde dans lequel je souhaite vivre est plus proche de la polyphonie que de la monodie. J’ai donc décidé d’apprendre le breton en conscience et avec engagement.

« Étant enseignante moi-même, j’ai pu admirer la conception progressive des apprentissages, s’appuyant sur des mÉthodes vivantes, ÉprouvÉes et efficaces »

Quelle formation Roudour avez-vous suivie et quels en sont les avantages ?

J’ai eu la chance d’obtenir de multiples financements, de l’éducation nationale, du département et de la région, ce qui m’a permis de suivre neuf mois de formation à Quimper. Les conditions étaient optimales pour apprendre, adaptées aux besoins et aux niveaux de chacune et chacun. Étant enseignante moi-même, j’ai pu admirer la conception progressive des apprentissages, s’appuyant sur des méthodes vivantes, éprouvées et efficaces. Je peux affirmer que j’ai eu le sentiment d’apprendre sans effort, de manière à la fois ludique et sérieuse. Avec Roudour, nous sommes loin d’un apprentissage scolaire ou du bachotage, on apprend en faisant, en jouant, en créant. Les activités sont rythmées et variées. Les apprentissages s’appuient sur une plateforme numérique bien élaborée qui permet de s’entraîner à distance, ce qui est fort agréable lorsqu’on a une vie de famille. Les travaux écrits et oraux alternent quotidiennement afin d’offrir une formation complète et d’ouvrir sur des compétences professionnelles variées. Par ailleurs les formateurs sont d’une bienveillance remarquable, ce qui m’a aussi permis d’apprendre dans des conditions très agréables.

Est-ce que l’apprentissage du breton vous a changé la vie ?

Sans hésiter, la réponse est OUI. D’abord, d’un point de vue professionnel évidemment. Au bout des six mois de formation je validais déjà le niveau B2 au DCL. Trois mois plus tard, j’ai obtenu le niveau C1 tant convoité. Quelques jours après les résultats, l’inspecteur de breton de la région Bretagne m’appelait pour me proposer d’enseigner en classe bilingue car les besoins d’enseignants y sont forts. Par ailleurs j’ai réalisé l’un de mes stages à radio Kerne pendant la formation. Ce stage s’est tellement bien déroulé que j’y suis restée pour enregistrer de courtes chroniques d’histoire, maintenant diffusées le vendredi matin toutes les deux semaines. Je vais même rejoindre le Conseil d’Administration de la radio. Le breton m’a donc aussi permis de découvrir le milieu de la radio qui est passionnant ! Dans ma vie personnelle, je peux enfin causer breton avec mon fils, mes amis, mes voisins, avec les autres stagiaires avec qui nous avons gardé des liens forts et avec tous les locuteurs de la langue bretonne que je croise au hasard de mes promenades. D’une manière générale, je peux dire que je suis fière de parler breton, en plus d’habiter la Bretagne, parce que la langue y fait aussi société.

 

Marion Dourmap : “Le breton a été l’occasion d’entamer une reconversion professionnelle”

Marion Dourmap, 34 ans, a été l’une de nos stagiaires dans notre centre de formation quimpérois pendant l’année scolaire 2018-2019. Cette animatrice nature de formation a entamé une reconversion professionnelle grâce à l’apprentissage de la langue bretonne, langue de ses grand-parents, et est devenue professeure des écoles.

Pouvez-vous présenter ?
Je m’appelle Marion, j’ai 34 ans. Je suis maman d’un petit garçon de trois ans. J’ai appris le breton à Roudour, dans le centre de formation à Quimper, il y a deux ans. Auparavant, j’étais animatrice nature en Bretagne et en Savoie.

D’où êtes-vous originaire ?
Je suis originaire de Guissény, dans le pays Pagan.

Pourquoi avez-vous choisi d’apprendre le breton ?
Cela faisait plusieurs années que je voulais apprendre le breton mais j’ai attendu de revenir vivre en Bretagne pour l’apprendre car je ne voulais pas l’oublier par manque de pratique. C’est la langue de mes grands-parents, j’avais envie de l’apprendre. Et comme je venais d’être maman, je voulais aussi la transmettre !
En tant qu’animatrice nature, je trouvais important de connaître le patrimoine linguistique de ma région. Et puis j’avais dans un coin de ma tête l’idée d’être professeure des écoles, et ce depuis longtemps. C’était l’occasion d’amorcer une reconversion professionnelle grâce à la langue bretonne.

“J’ai choisi Roudour car je voulais apprendre le breton sans un apprentissage trop scolaire”

Quels sont les avantages de la formation Roudour ?
J’ai choisi Roudour car je voulais apprendre le breton de manière immersive, en évitant un apprentissage trop scolaire. Les méthodes utilisées par Roudour sont intéressantes : elles permettent d’apprendre à parler de manière intuitive et d’avoir un vocabulaire très riche. Pour ma part, cet apprentissage m’a aussi permis de m’exprimer assez facilement à l’oral, sans me sentir complexée par les règles de grammaire que je ne maîtrisais pas bien. Cet apprentissage très axé sur l’oral m’a aidé à m’imprégner de l’accent, aspect essentiel de la langue.

Est-ce que l’apprentissage du breton vous a changé la vie ?
Oui ! Déjà, ça a changé ma vie professionnelle. J’ai enchaîné avec un master Meef (Métiers de l’enseignement) immersion en langue bretonne à Kelenn, à Quimper. J’avais fait l’effort d’apprendre cette nouvelle langue, je ne voulais pas la perdre. J’avais besoin de l’utiliser.
Je suis maintenant professeur des écoles Diwan et j’utilise le breton tous les jours. Je continue donc d’apprendre et je trouve ça passionnant. Cela m’a ouvert la porte d’une autre langue, d’une autre culture, d’une autre histoire. En l’occurrence, celle de mes grands-parents !. Maintenant, j’ai deux langues et cette richesse met en lumière chacune d’entre elles.