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Ifig Flatrès

Ifig Flatrès, 54 ans, est un “Yann a vil vicher” : avant de devenir formateur à Roudour, il a eu de nombreux métiers. Il a travaillé dans de nombreuses structures, associations et collectivités qui promeuvent la langue bretonne. Ce dernier la chante également en festoù-noz. Pour lui, “chanter, c’est respirer, dire et raconter, susciter des émotions, solliciter le corps et les sens…” Alors rien de plus naturel que de le faire en breton !

“Le breton chante et met de la poésie dans ma vie”

Pouvez-vous présenter ?
J’ai 54 ans. Je suis un peu « Yann a vil vicher » : j’ai travaillé précédemment dans différentes structures autour de la langue et de la culture bretonnes (radio, ententes de pays, associations, collectivité territoriale…).

D’où êtes-vous originaire ?
Je suis né à Pont-L’Abbé et j’ai passé mon enfance et ma jeunesse à Sainte-Marine. Bigouden donc…

Comment avez-vous appris le breton ?
C’est en famille dès l’enfance que j’ai entendu parler breton. J’ai baigné dans les sonorités, les mots, l’accent… Mais c’était dans un contexte où j’étais supposé ne pas comprendre et où la langue des sentiments pour mes parents et mes proches était le français. Les étapes pour pratiquer, lire, s’exprimer à l’oral et à l’écrit en breton sont arrivées plus tardivement au lycée, à l’université, par des cours du soir ou par correspondance. Je n’ai commencé à me sentir à l’aise pour m’exprimer que vers l’âge de 30 ans. Et je me délecte de continuer à apprendre, c’est passionnant et infini…

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’apprendre la langue ?
Je suis allé voir ailleurs, pas très loin, en Alsace où j’ai terminé mes études et commencé à travailler. J’y ai découvert une autre culture, une autre langue. Cela a fait écho. Je me savais porteur de quelque chose de vivant, de caché qui me démangeait et qui ne demandait qu’à éclore, à être mis au jour, rendu audible et visible. Une petite dose de mal du pays et une forte motivation m’ont fait rentrer en Bretagne pour devenir acteur d’une culture partagée, locuteur, danseur, chanteur…

Comment et pourquoi avez-vous commencé à chanter en breton ?
Mon tout premier répertoire chanté fut religieux en français, latin et breton… J’étais enfant, puis jeune homme et je ne comprenais pas forcément tous les textes… Mais le plaisir de chanter était déjà là. Le choix volontaire et adulte de chanter en breton relève de la même curiosité et du même attrait pour l’oralité et la transmission. Chanter, c’est respirer, dire et raconter, susciter des émotions, solliciter le corps et les sens… D’autant plus lorsqu’il s’agit de chanter pour faire danser en fest-noz. Avec le prisme du breton, cela prend encore une autre dimension.

Qu’est-ce que le breton vous a apporté ?
Jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de plaisir et j’espère que cela se poursuivra longtemps. Le breton chante et met de la poésie dans ma vie. Il m’a aussi permis de travailler et de faire de belles rencontres socialement et humainement. Il a aussi attisé ma conscience sur la nécessité de respecter au niveau planétaire toutes les cultures et toutes les langues et de leur associer des droits et des devoirs pour leur assurer un avenir serein.